Etre résistant en 1944.

(actualisé le )

Être résistant en 1944.

Nous avons célébré l’armistice ce 8 mai , et prochainement nous commémorerons le débarquement des alliés lors de la seconde guerre mondiale , guerre qui causa plus de 60 millions de morts.
60 millions d’êtres humains , hommes , femmes , enfants---
Des anonymes , des oubliés , des gens comme vous et moi , avec leur quotidien , leur famille , leurs rêves ...

À l’époque de mon récit en 1944, l’armée allemande occupait la plupart du territoire français .
Sur l’ordre du maréchal Pétain, l’armée française avait été contrainte de déposer les armes.

Je voudrais vous parler de Marcel Tisserand , jeune adjudant de l’armée française , âgé de 30 ans,père de deux et bientôt trois enfants.
Il fait partie de ceux qui clandestinement refusèrent de se soumettre à l’ennemi.
Marcel Tisserand , comme bon nombre de ses camarades militaires était entré en résistance !

Il était jurassien ,c’était un montagnard , têtu et fier , pudique ,mais aussi et surtout un mari et un jeune papa aimant.
Il voulait offrir aux siens la Liberté et la Dignité.

Le 23 août 1944 , une opération militaire secrète débute , l’objectif est de récupérer la ville de Lons le Saunier aux allemands.
Huit cents volontaires participent à cette opération, répartis en plusieurs compagnies , sur divers points stratégiques , visant à neutraliser et couper toute réaction du camp adverse.
La compagnie Vauthier , constituée de deux groupes doit neutraliser la caserne Bouffez, afin d’empêcher ses occupants de porter secours à l’objectif principal attaqué.

Le deuxième groupe est commandé par l’adjudant Tisserand.
Il doit pénétrer dans la caserne et infliger des pertes à l’ennemi.
L’heure "H" est fixée à deux heures.

À 1 h45, les groupes sont tapis à proximité des éléments ennemis à attaquer.
2 heures sonnent.
Les volontés sont tendues vers le but à atteindre.
L’adjudant Tisserand, qui a pénétré dans la cour de la caserne, lance des grenades à l’intérieur du poste de garde , où les hurlements s’éteignent bientôt , et attaque la mitrailleuse de la porte d’entrée.
Les soldats allemands se sauvent et gagnent les bâtiments.
Puis le groupe se dirige vers les casernements et lance des grenades dans les chambres.
Des cris s’élèvent dans l’obscurité car la lumière a été coupée.
Mais l’ennemi réagit violemment.
Une mitrailleuse installée sur le toit et dont l’emplacement n’était pas connu, entre en action.

L’adjudant Tisserand est bientôt atteint.
Il tombe.

Deux hommes en rampant vont le chercher et sont tous deux bléssés.
L’un d’eux , le soldat Picot, est gravement touché à la cuisse.
Péniblement , les blessés sont ramenés et conduits dans une maison voisine.

L’adjudant Tisserand, mortellement atteint, a un moral d’acier , et demande des nouvelles du combat.
Il sera transporté quelques instants plus tard à l’hôpital de Bonnefontaine où il expirera le 25 août vers 6h du matin.
Laissant une épouse et trois orphelins.
Son fils , le petit Gilbert , avait fêté six jours auparavant son quatrième anniversaire.

L’État Français, au sortir de la guerre adopta ce petit garçon , ainsi que ses frères et sœurs , comme"pupilles" de la nation.
Marcel Tisserand n’a malheureusement jamais revu son pays libre , ni vu ses enfants grandir.

Tout comme d’innombrables compagnons résistants ,de" l’armée des ombres", il a offert sa vie , pour que vous et moi vivions libres, débarrassés de la barbarie et de l’infamie nazie.
Je tiens à rendre hommage aujourd’hui à mon arrière grand-père, Marcel Tisserand.
Pour que l’on n’oublie jamais que tout cela n’est pas si loin , ni même tiré d’un film .
Il s’agit d’ hommes réels , faits de chair et de sang, ce sont les nôtres , nos aïeux , des hommes simples poussés par leur conscience,
et devenus des héros.

L.M